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Sous un grand tunnel, la gestion de l’eau décide désormais de la saison.
Au Québec, on a longtemps pensé à l’eau comme une ressource acquise. Ce n’est plus le cas. Les indemnités de sécheresse versées aux fermes par la Financière agricole ont quintuplé en cinq ans (Le Devoir), et dans des secteurs maraîchers comme la Montérégie, la nappe baisse au point que des puits et des étangs d’irrigation se vident en pleine saison (Radio-Canada). Pour les producteurs de fraises et de framboises, l’approvisionnement en eau est devenu l’un des plus grands défis, au même titre que la main-d’oeuvre (Association des producteurs de fraises et framboises du Québec).
Le signal n’est pas propre au Québec. L’Ouest américain traverse sa période de 22 ans la plus sèche depuis au moins 1200 ans (Williams et al., 2022), et le sud de l’Europe enchaîne les restrictions d’irrigation été après été. Pour un producteur, la sécheresse n’est plus un risque d’année exceptionnelle à absorber. C’est une menace structurelle, et elle relève davantage de la conception que de la météo. Un grand tunnel, pensé autour de la bonne irrigation et du bon stockage d’eau, transforme une ressource incertaine en ressource maîtrisée. Cela vaut pour les petits fruits comme pour le maraîchage.
Chaque goutte compte : le goutte-à-goutte comme base
Quand l’eau se raréfie, la précision de l’application est le premier levier à activer. Elle avoisine 90 pour cent au goutte-à-goutte, contre environ 75 pour cent à l’aspersion et 60 pour cent en irrigation de surface (FAO). Un producteur qui passe du sillon ou de l’aspersion au goutte-à-goutte réduit généralement sa consommation d’eau de 30 à 60 pour cent (FAO). Sous tunnel, l’humidité se pilote finement, et cette précision se lit directement dans la qualité du fruit. Encore faut-il concevoir le système pour le site: espacement des goutteurs selon la texture du sol, injection d’engrais avec contrôle du pH, filtration, et la gestion de la salinité qui compte davantage chaque année à mesure que la nappe descend. C’est le travail discret et décisif de spécialistes de l’irrigation comme Dubois Agrinovation.
Ce que des tunnels et le hors-sol économisent vraiment
Sous un grand tunnel, la culture pousse le plus souvent hors-sol sur substrat, en fibre de coco, alimentée au goutte-à-goutte, et le drainage part la plupart du temps à l’égout. Les économies d’eau viennent de trois leviers distincts, et il vaut mieux les garder séparés.
La structure elle-même abaisse l’évapotranspiration et le besoin en eau de la culture. Sous grand tunnel, la tomate et le poivron ont consommé environ 15 % d’eau de moins qu’en plein champ (Rho et al., 2020), et les abris procurent un gain de productivité de l’eau supérieur sous irrigation déficitaire (Nazari et al., 2021).
Le substrat et la précision resserrent encore le compte. Il faut environ 72 litres d’eau pour produire un kilo de fraises fraîches en hors-sol (Cardoso et al., 2021). La fertigation pilotée par capteurs a augmenté l’efficience d’utilisation de l’eau de 46 pour cent par rapport à une simple minuterie (Bonelli et al., 2024), et un déficit hydrique léger et contrôlé peut retrancher environ 17 pour cent d’eau sans pénaliser le rendement commercialisable (AgriEngineering, 2025).
La recirculation est la plus grosse économie structurelle. Recycler le drainage permet d’économiser jusqu’à environ 25 pour cent d’eau et 35 pour cent d’engrais (Lieten), et un circuit fermé tourne 20 à 30 pour cent plus efficacement qu’un système ouvert (Nam et al., 2024), tout en aidant à gérer le sel à mesure que l’eau source se dégrade. C’est aussi plus exigeant sous un tunnel qu’en serre fermée, car il faut collecter, désinfecter et traiter, donc ça se justifie sur certains sites et pas sur d’autres.
Un chiffre à laisser de côté: le fameux « jusqu’à 90 pour cent d’économie d’eau ». Il vient des légumes-feuilles en hydroponie recirculée, comme la laitue en NFT (Barbosa et al., 2015), pas de la fraise sur substrat sous tunnel. Les économies réelles ici sont assez fortes sans emprunter un chiffre à une autre culture et à un autre système.
Récupérer l’eau quand elle tombe
En région à risque de sécheresse, l’eau la moins chère est celle qui tombe déjà sur le toit. Or, la plupart du temps, elle ruisselle et se perd. Un toit capte environ un litre par mètre carré pour chaque millimètre de pluie, si bien qu’un hectare de toit sous 800 mm de pluie annuelle peut intercepter de l’ordre de 8 millions de litres avant pertes. L’eau de pluie récupérée est naturellement pauvre en sel, ce qui convient aux hors-sol, et elle réduit la dépendance aux puits et au réseau, au moment même où ils sont sous pression. Un tunnel équipé de gouttières de captation fait du toit une surface de collecte par conception. Au Québec, une meilleure captation le long des serres et des bâtiments de ferme figure déjà parmi les solutions citées face au déficit hydrique (Radio-Canada).
Adapter la structure à la stratégie d’eau
Un plan d’eau précis ne performe que si la structure est conçue pour le porter, d’où l’importance des détails de conception. Une toiture gothique évacue la neige et résiste au vent, de sorte que la toile plastique et la culture passent les trois-saisons de culture. L’acier galvanisé et le profil des tubes des arches prolonge la vie du film. Un bon dégagement au faîte garde le microclimat stable et laisse passer la machinerie. Et des gouttières conçues pour récupérer plutôt que seulement évacuer intègrent le toit au système d’eau. Serres Harnois conçoit son grand TunnelPro Plus autour de ces éléments, et il se marie bien avec le volet irrigation et traitement d’eau. Une structure bien conçue se finance et s’assure aussi plus facilement. Rien de tout cela ne consiste à acheter la structure la plus avancée du marché. Il s’agit d’ajuster un tunnel bien conçu et le bon système d’eau à la réalité hydrique du site.
Et cette réalité bouge. Un tunnel acheté aujourd’hui doit performer dans le climat de 2050, pas dans celui de 2026. Des travaux revus par les pairs rendent ce futur tangible: bien des localités nord-américaines devraient ressembler à un endroit plus chaud et plus sec d’ici une seule vie de travail (Fitzpatrick et Dunn, 2019). Pensé pour cet horizon, un grand tunnel avec goutte-à-goutte de précision, stockage d’eau de pluie et, là où c’est pertinent, recirculation, n’est pas un luxe. Pour un producteur qui regarde son étang baisser, c’est la différence entre gérer l’eau et la subir.
Références
Sources:
À quoi ressemblera le climat de votre région dans 60 ans ? Future Urban Climates (UMCES) :
https://www.umces.edu/futureurbanclimates/
Au Québec, il manque déjà d’eau : la sécheresse, l’ennemi surprise de l’alimentation locale (Radio-Canada) :
https://ici.radio-canada.ca/mordu/4006/secheresse-alimentation-locale-quebec-eau
Changements climatiques : la quête d’eau des agriculteurs québécois (Le Devoir) :
https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/753981/changements-climatiques-la-quete-d-eau-des-agriculteurs
L’Ouest américain traverse sa période de 22 ans la plus sèche depuis au moins 1 200 ans (PBS NewsHour) :
https://www.pbs.org/newshour/science/west-megadrought-worsens-to-driest-in-at-least-1200-years
Manque d’eau en Montérégie : la nappe phréatique atteint des niveaux inquiétants (Radio-Canada):
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2188249/manque-eau-agriculture-monteregie-mercier-saint-remi





